David Julien et les dogtags

[30Un soldat américain, John R. Toole, a perdu son « dog tag », sa plaque d’identité, en 1944, dans la campagne de Mortrée (Orne). David Julien l’a retrouvée, identifiée et a pris contact avec sa famille. 

 « Il y a un peu plus d’un an, alors que j’effectuais des travaux d’entretien sur mon terrain, sous une haie, je suis attiré par quelque chose de brillant. Je récupère ce que l’on appelle communément un « dog tag », c’est-à-dire une plaque militaire.
Je suis moi-même passionné par tout ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale. La médaille est en inox donc en très bon état de conservation ce qui me permet d’identifier facilement le numéro inscrit. Je lance une première recherche par le biais d’internet qui ne donne rien. Je m’adresse alors à Jean-Claude Clouet de La Bellière, un passionné lui aussi de cette tranche d’histoire locale. Puis on prend contact avec Cyrille Limousin de l’association DIRR (Dogtag Identification Recherche et Restitution) et on parvient à identifier le propriétaire de cette plaque.

Il s’agit du second lieutenant John R.Toole du 81e régiment de mortier. Une plaque qu’il a probablement perdue au cours d’affrontements ou lors d’une course…

Un destin tragique
Ce GI américain est originaire du Wyoming. Il débarque avec son bataillon le 6 juin 1944 sur les côtes normandes. Il sera ensuite au cœur de la bataille de la poche de Falaise. Puis son bataillon rejoint la 90e DI à La Ferrière-Béchet (tout proche de chez moi) et participe à la préparation des attaques sur Chambois et la bataille de Montormel.

John Toole passe au grade de second lieutenant le 30 juillet 1944, à Condé-sur-Vire pour comportement héroïque. Ce soldat continue avec son bataillon vers l’Est, en passant par Paris… La fin tragique de John Toole, ce sera le 22 octobre 1944 où il trouve la mort à Metz, à 29 ans, sous les balles d’un des siens, une mort accidentelle par un tir non maîtrisé, comme on dit : une balle perdue ! 

Son corps est enterré au cimetière de Saint-Avold dans la région messine. On a réussi à entrer en contact avec sa petite-nièce, Emigh, qui nous a répondu après quelques hésitations de méfiance. Elle s’est engagée à parler à la fille de John Toole, toujours vivante (qui est dans ses bras sur la photo). Elle s’appelle Jamy et doit avoir près de 75 ans aujourd’hui.

Je vais lui renvoyer le « dog tag » de son papa, et lui raconter l’histoire presque banale d’un de ces soldats américains, passé un jour d’été 44 dans l’Orne, à Mortrée, mort à des milliers de kilomètres de sa terre, pour chasser l’occupant nazi de France, pour notre liberté aujourd’hui… »

Source: https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/13930/reader/reader.html?t=1512062425472#!preferred/1/package/13930/pub/20041/page/12