[24 décembre 2017] - Théophile Porée, mort à Broualan en 1933, ancien poilu de la Grande Guerre, a-t-il encore des descendants vivants ? C'est la question que se pose un numismate doublé d'un enquêteur...

« Au mois de novembre, je chinais dans une brocante à Lisieux, et j'avise une belle malle ancienne, qui, hélas, n'était pas à vendre... Elle contenait juste un petit sac de toile que le vendeur avait oublié, et qui recelait d'anciennes pièces de monnaie, des jetons de collections et même quelques boutons, j'en fis l'acquisition », explique Alexandre Jandeang, numismate à ses heures.

C'est en répertoriant ces pièces, qu'Alexandre repère un morceau de métal ovale recouvert d'une épaisse patine. Intrigué, il le nettoie, en le frottant il voit apparaître un nom et une date : « Porée Théophile 1918 ».

« J'ai été assez ému par cette découverte pour vouloir connaître l'histoire de ce soldat. J'ai eu l'idée d'aller sur Facebook, où une page est dédiée spécifiquement aux recherches de descendants de soldats dont on retrouve un jour les plaques d'identité. »

Rapidement, le mystère est éclairci, et de nombreux documents concernant Théophile Porée sont en ligne, ils retracent avec précision le parcours militaire et les affectations de ce soldat, natif de Broualan, qui fut hospitalisé à Amiens en avril 1917.

Recherche de famille

Il fallait clore cette aventure. Alors le souhait le plus cher d'Alexandre fut de restituer ce souvenir émouvant à la famille de Théophile Porée. Après une recherche à la mairie de Broualan, il est avéré que ce soldat, menuisier de profession, est mort le 2 avril 1933, le registre des décès en atteste. Il repose dans le cimetière de la commune.

 Mais Alexandre Jandaeng, dans le dernier rebondissement de l'affaire, espère encore retrouver un membre de la famille, descendant de Théophile Porée, qui eu trois enfants aujourd'hui décédés. « Finalement, cette plaque qui ne m'appartient pas est un témoignage d'un moment tragique de la vie d'un homme. Il est logique qu'elle retourne dans sa famille. »

Et si aucun membre de la famille ne se fait connaître pour récupérer cette simple plaque de métal, Alexandre n'exclut pas de l'insérer dans une petite plaque de marbre, et de venir la déposer sur la tombe de Théophile Porée, pour honorer la mémoire du soldat.

« C'est assez étrange, mais je me plais à imaginer que ce petit morceau de métal peut revêtir pour les descendants de Théophile Porée une grande valeur sentimentale et symbolique. »

Source : https://www.ouest-france.fr/bretagne/broualan-35120/la-plaque-d-identite-d-un-poilu-retrouvee-par-hasard-5471303