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USA : La guerre de Sécession 

Des cartes d'identités ont été pour la première fois adoptées aux USA lors de la guerre de sécession . Cette initiative ne vient pas des institutions militaires, mais des populations civiles. Dans ce conflit, certains soldats portaient une petite carte en parchemin avec leur identité mais c'était un choix personnel.Les compagnies d'assurance ont saisi l'idée à la fin du XIXe siècle, offrant des cartes d'identité civiles sur le marché libre.

Cette étiquette d'identification a été fournie par la Commission chrétienne des États-Unis (un précurseur du YMCA) pour les soldats à porter pendant la guerre de sécession . Cette étiquette est à l'origine de l'identification personnelle moderne pour le personnel militaire, et devait être portée en tout temps, "au camp" au-dessus de la chemise, et "au combat" sous la chemise. Il y a de la place pour le nom du soldat et la désignation de l'unité, y compris les données de la brigade, de la division et du corps, en plus de la compagnie et du régiment du soldat. Une idée vraiment révolutionnaire qui a mené directement au développement de la "dogtag" moderne. 40 000 furent distribuées aux soldats de l’union.

Les soldats utilisent d’abord du papier, sur lequel ils notent leurs noms et adresses et qu’ils épinglent au dos de leurs manteaux. Certains font graver la boucle de leurs ceinturons avec les mêmes informations, d’autres utilisent des pièces ou plaques de laiton.

En mai 1862, un John Kennedy de New York a écrit une lettre au secrétaire à la Guerre, Edwin Stanton, suggérant que chaque soldat de l'Union reçoive une étiquette d'identification. L'appel a été rejeté; les soldats ont été laissés à eux-mêmes. À la fin de la guerre, plus de 40% des morts de la guerre de sécession étaient inconnus. Sur plus de 325 000 soldats fédéraux enterrés dans les cimetières nationaux, près de 149 000 sont identifiés  «inconnu».

Peu de temps après cet échange, divers fabricants ont commencé à faire de la publicité dans des périodiques appelés "Soldier's Pins". Ces médailles étaient gravées du nom du soldat, de l'unité et parfois des batailles auxquelles le soldat avait participé.

En 1863, le bijoutier Drowne & Moore , situé à New York, a publié une de ces publicités dans le périodique Harper : "Attention Soldiers! Every soldier should have a badge with his name marked distinctly upon it……a solid silver badge…..can be fastened to any garment." «Attention aux soldats! Chaque soldat devrait avoir un insigne avec son nom marqué distinctement dessus ...... un insigne argent massif ... peut être attaché à n'importe quel vêtement. ".

Près des champs de bataille de la guerre de sécession , se tenaient des magasins de tentes mobiles exploités par des "sutlers", des marchands civils itinérants, qui suivaient les armées vendant du tabac, du café, du sucre et d'autres produits directement aux soldats. Ce sont ces sutlers qui ont satisfait le désir des soldats pour les plaques d'identification.

Utilisant une petite machine qui tamponnait sur des disques métalliques en laiton ou en plomb, les sutlers ont créé les premières «dogtag» utilisées par les soldats combattant sur le sol américain. Très peu de ces plaques d'identification pour les soldats confédérés ont été trouvés. Les clients des sutlers étaient des soldats de l'Union qui possédaient généralement les moyens pour acheter de tels dispositifs d'identification.

Une des faces de la médaile d'identification est estampillée avec le profil d'Abraham Lincoln ou de George Washington, voir d’un aigle ou encore d’un bouclier. Le revers est gravé du nom du soldat ainsi que le nom de son unité et de sa ville. Un trou est percé dans la médaille permettant de passer un morceau de ficelle ou de corde, permettant au soldat de la porter autour du cou.

 

 

 

   

 

D'autres médailles ont été usiné à partir de monnaie comme ici depuis une pièce de deux Reale espagnole, datant du règne de Charles III (1735-1788).

 En 1899, l'aumônier Charles Pierce, qui dirigeait la Morgue et le Bureau d'identification de l'armée américaine pendant la guerre hispano-américaine, recommanda que chaque soldat reçoive un «disque d'identité» en aluminium comme partie intégrante de sa trousse de terrain. (L'armée a finalement rendu cela obligatoire en 1913 soit 51 ans après la demande de John Kennedy.)

 

En FRANCE : 

en 1874, dans le Traité d'hygiène militaire de G. Morache, afin de sauvegarder les intérêts des familles par la constatation de l'identité des soldats décédés , l'idée de mettre en place une plaque d'identité est suggérée, en mettant en avant l'exemple de la guerre de sécession mais aussi des cartes d'identités allemandes : Elles sont en effet remplacée par un petit carré en fer blanc (Modele 1869), portant en abrégé le numéro de régiment , le numéro de compagnie et le numéro de matricule de la façon suivante : 

cette idée viendrait d'un artisan de Berlin qui aurait proposé au Ministère de la Guerre Prussien d’équiper les soldats d’une plaque d’identité, en reprenant l’exemple de la « plaque des chiens » (timbre fiscal prouvant que le maître de l’animal avait bien réglé la taxe) d'ou le nom de "dogtag" qui restera plus tard pour nommer ces plaques d'identité militaire.

Voici la proposition de G.Morache : 

 

LA PLAQUE D'IDENTITE MODELE 1881 

Le 2 septembre 1881, le ministère de la guerre prends la décision d'appliquer officiellement cette proposition comme le stipule cet article de La Presse 

voici la note du 2 septembre 1881 issue de la circulaire du 12 octobre 1883

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 Cette initiative est utilisée aussi en France depuis la guerre de 1870 comme le précise ici le Moniteur de la gendarmerie , journal non politique créé spécialement pour la défense de l'arme et paraissant le dimanche.


La fonderie de Grenoble est déclarée adjudicataire par le ministère de la guerre le 17 novembre 1881 comme le précise cet article du quotidien Le XIXe siècle. Elle fabriquera les 1 158 000 premières plaques de nos soldats.

 

 Le lieu de mobilisation remplace désormais le numéro de corps comme le précise cet article de La Presse du 13 Octobre 1882 en excluant les réservistes des zouaves, des tirailleurs algériens, des chasseurs d'Afrique, du génie, du train des équipages , des secrétaires d'état-major, des commis et ouvriers d'administrations, des infirmiers qui conserveront les anciennes mentions .

 

 

le 12 octobre 1883 une circulaire ministérielle modifie le marquage 

 

Le 16 janvier 1884, une "note ministérielle relative aux inscriptions à apposer sur les plaques d'identité" vient préciser cette circulaire du 12 octobre 1883 et décrit le marquage particulier aux indigènes d'Afrique :

Le 5 mai 1888, par modification à la décision ministérielle du 2 septembre 1881 (Journal militaire, partie réglementaire. page 173 ) , le Ministre a décidé qu'à l'avenir, le marquage des plaques d 'identité sera effectué par les soins des corps de la manière suivante : Les marques ne seront plus gravées sur les plaques d'identité au moyen d'acide azotique.

 

la Circulaire du 16 mai 1899 (Bulletin officiel,1er volume 1899,partie réglementaire, page 292 ) rappelle l'instruction du 18 mars 1899 sur la tenue des officiers et des troupes en campagne et attribue aux officiers et assimilés une plaque d'identité similaire à celle des troupes.

Cette circulaire est abrogée et remplacée, le 11 juillet 1899 par une autre circulaire plus complète.

 

Une précision est apportée sur le marquage LM concernant les omis et les naturalisés français dans cette note ministérielle du 12 décembre 1888.

LA PLAQUE D'IDENTITE MODELE 1918

Source : La santé en guerre, 1914-1918 de Vincent Viet

 

Un médecin mobilisé M. Leon BOSRODON propose dans un article dans l'Express du Midi le 11 Mai 1917 une nouvelle plaque d'identité sécable 

Le 05 Juillet 1917 dans  Le Petit journal Auteur : Parti social français. 

Le Bulletin officiel des Ministères de la guerre, des travaux publics et des transports, du ravitaillement général, de l'armement et des fabrications de guerre précise  les instructions sur le marquage, le port et la fourniture d'une nouvelle plaque d'identité le 12 Juillet 1918.

On retrouve également les spécificités techniques de la plaque ainsi que de la chainette 

Le modèle 1918 sera utilisé jusqu'en 1951 ...